Balade en Bateau sur la Charente – d’Angoulême à Rochefort au fil de l’eau

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Laissez-vous entrainer par le fleuve, naviguez dans la grande et la petite histoire, voguez et faites connaissance avec les deux Charentes.

Des hommes et de l’eau

L’eau est là, toujours, pour que les hommes vivent. Et depuis l’aube des temps, bien avant les Romains sans doute, ils se sont attachés à elle, à ce fleuve qui était leur veine. De la mer, ils remontaient le poisson, les céréales, le charbon, l’indispensable sel. Vers la côte, ils descendaient l’eau-de-vie, la pierre, le papier en partance pour l’Angleterre, la Belgique ou les ports du Nord. Le trafic des gabares innervait le fleuve d’une activité sans relâche. Les marchands s’enrichissaient, les pauvres avaient du travail. Dur. On bâtissait, au bord de cette route fluviale, des églises et des châteaux, des fermes solides, des ponts et des écluses.

Le commerce du fleuve ronflait entre Aunis, Saintonge et Angoumois. Puis le chemin de fer est arrivé avec ses fumées et la fin des gabares. Il reste pourtant tous les signes, les aménagements, les témoignages de ce tumultueux passé, de la vie de gens pas si lointains que ça. Aujourd’hui, vous prendrez d’autres bateaux et… la même voie d’eau. Vous pédalerez sur les mêmes chemins de halage, passerez sous les mêmes ponts, lèverez les mêmes écluses… c’est bien. Vous êtes sur le « fleuve heureux ».

Angoulême – La capitale de la BD… mais pas que

Passerelle de Bourgines à l'Houmeau - Charente Bateaux rouges Angouleme

Passerelle de Bourgines à l’Houmeau, Angoulême

Profitez de quelques heures pour visiter Angoulême. Elle trône là-haut, au-dessus du port l’Houmeau. On en voit les remparts, les toits de tuiles ocres, la cathédrale Saint-Pierre et sa délicate beauté romane. Flânez dans les ruelles de la vieille ville, admirez ses maisons anciennes et offrez-vous un pot sur une petite place. Une visite à l’hôtel Saint-Simon, une autre au musée de la Bande dessinée et de l’Image en se rappelant qu’Angoulême est le berceau et la capitale du neuvième art. Dans le quartier Saint-Cybard, le musée du Nil est la mémoire de la tradition papetière d’Angoulême.

Le Vélin du Moulin, Nersac

Moulin de Fleurac, Nersac

Moulin de Fleurac, Nersac

Nersac n’est pas très loin de là. On débarque. Deux passerelles bondissent d’îles en berges. Ici, fonctionne comme au XVIIIe siècle, un moulin à papier où l’on fabrique le vergé ou le vélin. Chanvre, lin, coton sont travaillés pour obtenir la pâte à papier. Une savante manutention en fait un des plus beaux papiers du monde, autrefois recherché par les Hollandais et aujourd’hui destiné, entre autres, à la Bibliothèque Nationale. Le château « italianisant » de Fleurac, fief des comtes d’Angoulême, surplombe le site.

Escale à Châteauneuf-sur-Charente

Les iles de la Fuie – Châteauneuf-sur-Charente. Au début du Moyen Age, Châteauneuf n’était qu’un petit bourg appelé Berdeville. Cette bourgade étaient défendue par un fortin primitif en bois (du type motte castrale) construit sur l’ile Calais (encore en 1915), aujourd’hui ile de la Fuie nommée ainsi car s’y trouvait certainement le pigeonnier du château.
Point stratégique considérable puisque situé près du seul pont de pierre existant sur la Charente qui reliait Angoulême à Cognac, le château contrôlait la navigation et défendait le passage du pont.
Le fortin fut détruit par le feu en 1081, remplacé et reconstruit par une solide forteresse sur les hauteurs qui domine la Charente, d’où le nom alors de Châteauneuf. Le temps aura eu raison du pont de pierre qui s’écroula en 1978 pour être remplacé par un ouvrage plus moderne

L’heure est à la pause. L’escale sur l’île de la Fuie est la bienvenue. Au milieu du fleuve, il peut être sage et réjouissant de faire griller les poissons pêchés au fil de l’eau. Juste en face, il y a Châteauneuf, une visite s’impose à l’église Saint-Pierre. Là, après diverses mésaventures historiques, le gothique et le roman se marient sans trop se fâcher. C’est le fameux Taillefer lui-même qui, au XVe, l’a bâtie. On y découvre, en façade, une statue de Constantin, premier empereur chrétien. Aux confins de la Petite Champagne et des Fins Bois, les amateurs de cognac et de pineau découvriront des viticulteurs consciencieux et talentueux. Vers l’océan, le soir se teinte en mauve. L’eau murmure. Elle sent l’herbe fraîche, le goujon et la menthe sauvage. La couchette va être douce. Rideau. La nuit allume les étoiles.

Un déesse indienne et des ponts bossus ?

Le pont de boué, Vibrac

Soleil. La journée sera pleine et s’allongera jusqu’à Vibrac. Là, la Charente joue la déesse indienne. Elle multiplie ses bras, elle en a les mollesses sensuelles, et le mystère aussi. Des petits ponts qui se reflètent dans le miroir des eaux jouent à saute-mouton avec leur dos d’âne de pierre grise. Sur les rives, les saules pleurent, les trembles tremblent, les baigneurs… s’agitent. Dans les taillis, les bergeronnettes ont fait leur nid.

Saint-Simon, port gabarier

Gabarre Saint Simon

une Gabarre à Saint-Simon prête a naviguer
Source : village-gabarrier.fr

On ne sait si le fleuve monte ou descend… Et pourtant il s’en va bien vers l’océan. C’est à Saint-Simon qu’on le sait le mieux. Ce village gabarier est sûrement la trace la plus vive de ce que furent la batellerie et le commerce fluvial sur la Charente. C’est là que tous les métiers du fleuve se frottaient : les gabariers, les charpentiers, les calfats, les vignerons, les menuisiers, les scieurs, les bourreliers, les pêcheurs… Toutes ces vies mêlées sont à découvrir, dans le village, à la « Maison des gabariers ». Pour la nostalgie et sa piqûre d’émotion, il faut lire sur les quais les graffitis naïfs que les marins de tout poil ont gravé dans la pierre. Au petit port de Juac, tout proche, vous croiserez et saluerez   comme il se doit, « La Renaissance », réplique parfaite d’une gabare du XIXe siècle.

Une abbaye et des jardins – Bassac

Abbaye de Bassac

Abbaye de Bassac
Source : photo-cognac.com

L’abbaye de Bassac est là pour vous ramener aux contemplations d’un millénaire de pierres. Lieu empreint de méditation et de prière, il est toujours habité par les religieux. Il serait dommage de quitter Bassac sans s’arrêter au bord d’un de ces potagers qui bordent les rives du fleuve. La nature domestiquée et travaillée offre ses plaisirs maraîchers. On doit pouvoir y négocier un panier de légumes frais à ramener à bord.

Jarnac la blanche

Ville de Jarnac

Vue de Jarnac
source : ville-de-jarnac.fr

En arrivant à Jarnac, on sent bien que le cognac a mis sa grande et délicieuse patte sur la ville. L’eau-de-vie et l’eau de la Charente, tellement mêlées dans une his- toire commune. Sur les quais, de belles demeures blanches… accostez. Les maisons de négoce ouvrent leurs portes. En un peu plus d’une heure de visite, vous saurez tout sur la distillerie, le travail de la vigne, celui des chais, la tonnellerie, l’élevage si délicat de la liqueur des dieux. François Mitterrand, natif de Jarnac, a confié à la donation qui porte son nom les souvenirs et les cadeaux offerts durant ses deux mandats ainsi que les maquettes des grands travaux de l’État.

Cognac, la ville des eaux-de-vie

Quai de cognac charente

Vue panoramique des quais de Cognac
Source : stephane-charbeau.com

Cognac est aussi connu sur les Champs-Élysées que sur la 5e avenue parce que la liqueur des dieux y est née. Près du port rénové, les grandes maisons de négoce proposent des visites. Aventure humaine et chant des arômes vous entraînent du cep de vigne au paradis en passant par la tonnellerie, la distillerie et les chais d’assemblage. La vieille ville a le goût des chais et la couleur noire des anges*. Une visite au château des Valois où naquit François Ier et vous pourrez ensuite découvrir les hôtels des « saulniers », les marchands de sel, dans la rue du même nom, le couvent des Récollets, magnifiquement rénové et tout près, l’église prieurale Saint-Léger (XIIe) avec sa façade romane percée d’une flamboyante rosace. Enfin, vous aurez peut-être la chance de débarquer à Cognac lors du Festival international du film policier (avril), une manifestation incontournable pour les cinéphiles.

Sur le bateau, rien ne presse. Pourtant, imperceptiblement, quelque chose change dans l’air. Comme un parfum iodé qui fleure l’océan, une brise légère avertit doucement d’un bouleversement du fleuve et de son rythme. Jusqu’à Saintes, les indices sont menus.

Saintes, la gallo-romaine

Ville d’Art et d’Histoire, Saintes recèle un beau patrimoine archéologique et monumental. La Charente s’écoule au pied de l’arc de Germanicus (18-19 après Jésus-Christ). Après avoir accosté, vous irez déambuler dans les arènes romaines qui pouvaient accueillir 15 000 personnes. Pour en savoir plus sur Saintes, c’est par ici

A saint-Savinien, place aux marins

Saint Savinien

Saint Savinien
Source : en-charente-maritime.com

En quittant Saintes, le paysage change peu à peu. Les lignes sont plus droites. Le marais et les roseaux annoncent l’océan. On sent soudain le vent salé. On le sent vite sur le bateau à quelques inversions de courant, aux humeurs débutantes de la marée. Attention ! ! ! Pour naviguer de Saint-Savinien vers la mer, il faut être un marin expérimenté et consulter le registre des marées.

Rochefort, arsenal royal et exotisme… La Charente rejoint l’atlantique

C’est avec précaution qu’il faut aborder la dernière étape vers Rochefort, port fluvial limite pour votre bateau sans permis. Louis XIV et Colbert ont créé, au XVIIe s., cette ville nouvelle. L’arsenal restauré rappelle les grandes heures de la marine à voile. Il faut y découvrir le chantier de « l’Hermione », la frégate qui a porté Lafayette aux Amériques. Tout près, la corderie royale, une manufacture mise en route en 1666, est le plus long bâtiment industriel du XVIIe siècle. Enfin, pour une autre invitation au voyage, la maison de Pierre Loti sera comme un fruit exotique. Maison natale mais aussi musée, cette demeure recèle une multitude de souvenirs orientaux ramenés par le marin écrivain.

En savoir plus sur Rochefort ? C’est par ici

Un petit recap du trajet ?

Balade en bateau sur la charente


Quelques adresse utiles :

Comité Départemental du Tourisme de la Charente
Maison du Tourisme – 21, rue d’Iéna – 16021 Angoulême Cedex
Tél. 05 45 69 79 09 – Fax : 05 45 69 48 60
www.lacharente.com

Les Offices de Tourisme de la Charente

Office de Tourisme *** Angoulême
Place des Halles 16000 Angoulême –
Tél. 05 45 95 16 84
angoulemetourisme@wanadoo.fr

Office de Tourisme** Châteauneuf-sur-Charente
2, rue du Général Leclerc 16120 Châteauneuf-sur-Charente
Tél.0545971332
ot.chateauneuf.sur.charente@freesbee.fr

Office de Tourisme*** Cognac
16, rue du 14 Juillet 16100 Cognac
Tél. 05 45 82 10 71
office.tourisme.cognac@wanadoo.fr

Office de Tourisme* Grande-Champagne
1, rue Pierre Viala 16130 Segonzac
Tél. 05 45 83 37 77
ot.grandechampagne@wanadoo.fr

Office de Tourisme** Pays de Jarnac
Place du Château 16200 Jarnac
Tél. 05 45 81 09 30
info@jarnac-tourisme.com

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